Pontiac a écrit :Je ne visais pas spécialement Dunyach, mais comme il est à Bragelonne, il doit connaitre leur politique très commerciale.
Ca fait trois conneries en une phrase, bravo. Tu détiens le record (les autres, n'y voyez pas une incitation, ça suffit d'un...)
"Je ne visais pas spécialement Dunyach"... Ben si, tu m'as nommément cité dans ton message, ce qui a entraîné diverses réactions. Connerie numéro 1.
"mais comme il est à Bragelonne". Ben non, je ne suis plus à Bragelonne depuis un an. Connerie numéro 2.
"il doit connaitre leur politique très commerciale." Ben non, je ne la connais pas, ou plutôt je ne la trouve pas différente de celle d'autres groupes de taille comparable. Connerie numéro 3, la plus grave à mon sens.
Parce qu'on oublie souvent quelque chose quand on parle de Bragelonne : ce n'est pas un monolithe mais un agrégat de collections et de bouquins, dirigés par des gens différents, avec des objectifs différents. Bragelonne c'est de la fantasy commerciale mais également "les trésors de la SF" de Laurent Genefort (qui est tout sauf commerciale), la collection de SF qui n'est pas commerciale non plus et qui a été créée en partie pour soutenir le genre à l'époque où il commençait à péricliter en France tout en retrouvant une étonnante vitalité en Anglo-saxonie (j'ai les chiffres et je peux témoigner qu'il faut une assise financière solide pour publier Karen Traviss en grand format puis la reprendre en poche, pour lui redonner une chance malgré ses ventes ridiculement faibles en grand format), des essais, des trucs inclassables (Days de Lovegrove, la série du régiment perdu de Forstchen)... De plus, dans le bloc que l'on qualifie de "fantasy commerciale", il y a tous les niveaux de qualité, dont au moins deux ou trois très grands bouquins (je pèse mes mots) par an. Rien que pour avoir publié la série des Ombres de Brent Week ou le Nom du vent de Rotfuss, et J. Carey, tiens aussi, et KJ Parker, sans oublier Scott Lynch, le maître faussaire de Graham Joyce sous pseudo, etc, etc., Brage mérite ma reconnaissance.
Quant au débat sur la place en librairie, mon expérience est assez proche de celle de Draco. J'ai vu apparaître dans les grandes surfaces (qui réalisent un gros pourcentage des ventes de livre) des tables supplémentaires spécifiquement dédiées à l'imaginaire (comme il avait des tables pour le polar), j'ai vu des petites librairies spécialisées survivre grâce à Bragelonne ou grâce à des bouquins/séries ultra-commerciaux comme Twilight qui leur assuraient un chiffre d'affaire minimum et en tout cas régulier (j'en ai vu également mourir une qui refusait de faire du commercial et qui a perdu peu à peu ses clients mais c'est une autre histoire). Je pense sincèrement que, sans le succès de Bragelonne, le domaine de l'imaginaire serait vraiment mal barré.
Mais ce sont des visions du monde qui s'affrontent, et j'ai déjà donné pour ce combat-là. Heureusement, les croisades anti (ou pro) Bragelonne ne servent à rien, le succès de Brage dépend d'une adéquation de leurs livres et du lectorat dans son ensemble, qu'ils contribuent à former, à qui ils donnent envie de lire le bouquin suivant. Pendant qu'on se pose des questions à la con sur la relance de la SF, ils mettent à disposition des lecteurs de la bonne came à leur goût, en abondance et avec une variété de saveurs tout à fait honorable. Et même si vous n'aimez pas ça, vous ne réussirez pas à en dégouter les autres, dont je suis.
Et je vous poutoune, ce que je ne devrais jamais oublier. Mea culpa.